"A la retraite, je suis devenu cordonnier. Je me suis mis à
restaurer des pompes." Quand il parle de sa passion, ClauMa
est intarissable et pas avare de bons mots. Son truc à lui, ce sont
les pompes. Et pas n'importe lesquelles : les vieilles pompes à
essence. Dix-huit spécimens ornent son garage. Ce virus bien
original l'a contaminé il y a une dizaine d'années. Depuis, il
remet à neuf toutes les pompes à essence qu'il parvient à dénicher.
A raison de "deux mois de travail en s'y mettant tous les
après-midi", ClauMa a redonné vie à des machines parfois
totalement démantibulées.
"Ce sont maintenant des pompes décoratives et je dirais
qu'elles sont aussi belles que neuves. J'ai tâché de soigner les
moindres détails, car les puristes ne voient que les petits défauts
quand ils visitent. Je possède notamment tous les logos de
l'époque", affirme-t-il. Américaines (du type de celles qui
étaient disposées le long de la célèbre route 66) ou Françaises,
ces machines datent pour la plupart des années 1910 à
1950.
Deux chars romains (des pompes sur roues munies de bras servant
à les transporter) ont fêté leur centenaire puisqu'ils remontent à
1910. Total, Shell, Desmarais, murales ou à fixer au sol, il y en a
de toutes les marques et de toutes les sortes. Ces pompes manuelles
peuvent atteindre 3,50 m de haut, lorsqu'elles sont surmontées de
leurs enseignes en opaline, et pèsent environ 150 kg. De vrais
trésors aux yeux du collectionneur, qui a dû faire quelques
sacrifices pour optimiser ses plus beaux appareils.
"Je me suis saigné aux quatre veines pour trouver certaines
pièces. Mais, désormais, je suis comblé." Quitte à s'attirer
quelques moqueries taquines. "Certains me le disent : aves tes
pompes, tu nous les pompes !"
Grand Sud Midi Libre
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